mardi 30 septembre 2008

Transportée

J’arrive au travail à pied. Vingt minutes de marche me séparent du métro bondé duquel je débarque avec soulagement du lieu où je travaille. Il faut voir la chance où elle se présente : dans un parc tranquille ou dans une rue mythique comme le boulevard Saint-Laurent. J’aime arpenter l’un autant que l’autre, aussi curieuse d’y trouver les similitudes que les différences depuis la veille. Ce matin, la fontaine du parc était muette tandis que le boulevard poussait des rugissements de camions enragés. Lorsque j’arrivai au boulot, s’effacèrent doucement de ma tête, les images fugitives d’un rêve éveillé qui m'avaient magnifiquement transportée.
7h00 AM

mardi 23 septembre 2008

Soi et les autres

Je lis Les années d’Annie Ernaux. J’y prends un plaisir immense. On a dû le dire cent fois, c’est un roman qui a du souffle. L’écriture nous porte à le lire vite. Parlant d’elle à la troisième personne, Annie Ernaux brosse le tableau d’un passé historique et personnel qui passe sous nos yeux comme une série de flash.

Extrait :

Dans son journal : « Par un extrême narcissisme je veux voir mon
passé noir sur blanc, et par là être telle que je ne suis pas. » et
« C’est une sorte d’image de la femme qui me tourmente. M’orienter
peut-être par là. » Dans un tableau de Dorothea Tanning qu’elle a vu il y a trois ans dans une exposition à Paris, on voyait une femme à la poitrine nue et, derrière elle, une enfilade de portes entrebâillées. Le titre était
Anniversaire. Elle pense que ce tableau représente sa vie et qu’elle est dedans comme elle a été jadis comme dans…


Birthday, par Dorothea Tanning

J’aime bien, lorsque je lis, sortir du contexte purement littéraire et suivre les références que donnent l’auteur lorsqu’il écrit à propos de musique ou comme ici, d’arts visuels. Cette œuvre de Dorothea Tanning, que je découvre, s’intègre parfaitement bien dans le propos d’Annie Ernaux.




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